REPORTAGE: Être végétalien à Lyon 2

VÉGÉTALISME, nom masculin : système d’alimentation supprimant tous les produits d’origine animale. Pour les étudiants français, c’est un mode de vie parfois difficile à mettre en œuvre. Rencontre avec Cloé Duchalet, végétalienne Lyonnaise et militante pour la cause animale depuis plus d’un an.

© Merry Photography 2013

© Merry Photography 2013

C’est devant une supérette dans le 1er arrondissement de Lyon que je retrouve mon sujet. Étudiante en troisième année de licence, Cloé est secrétaire de l’association Sentience, une nouvelle initiative pour défendre les droits des végétariens et végétaliens sur le campus de Lyon 2. Fatiguée mais souriante, son enthousiasme est contagieux et se fait sentir dès nos premiers échanges. Je lui ai promis une bière et des falafels faits maison contre quelques heures de son temps.

« Si je veux déjeuner à la fac, en général j’achète le sandwich le moins cher et j’enlève un ingrédient », m’explique-t-elle. « C’est pas du tout rentable et je finis par me nourrir de pain et de salade, mais c’est soit ça, soit rien. » Un coup d’œil jeté sur les menus des restaurants universitaires nous le confirme : il n’existe aucune alternative sans viande ni produits laitiers. « Mes horaires sont souples donc le CROUS ne s’impose pas tous les jours », continue Cloé, « mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Qu’il soit musulman, allergique ou végétarien par conviction, chaque étudiant devrait avoir le droit de manger correctement. » Une pétition pour un sandwich à base de légumes sera donc l’une des premières actions proposées par l’association.

« Moi j’ai pas de problème avec le végétarisme, mais les végétaliens, c’est des extrémistes »

C’est ainsi que réagira la diéteticienne de l’université lorsque Cloé prendra rendez-vous dans son bureau, indépendemment de Sentience. « Je lui ai fait croire que j’étais omnivore et que je voulais me lancer dans le végétalisme, et tout ce qu’elle m’a dit c’est que c’était un régime socialement compliqué. Du coup, notre deuxième mission est d’améliorer la documentation chez la médecine préventive, pour que celle-ci soit plus informative auprès des intéressés. » Du côte des étudiants, le retour est plutôt favorable, avec 500 signatures de soutien cumulées en moins d’une semaine. Cependant, le concept d’un sandwich dit vegan connaît quelques contestataires cyniques, dont le vaste argumentaire varie de « c’est absurde de vouloir imposer un style de vie » à « broutez de l’herbe, bande de hippies ».

Mais Cloé n’est pas découragée pour autant. Elle me montre les résultats d’un questionnaire sur les habitudes alimentaires, adressé à tous les étudiants de Lyon 2 : plus de 80 % des participants savent que les protéines animales ne sont pas indispensables et disent connaître l’impact que peut avoir un régime carné sur l’environnement et la santé. « Nous voulons aussi sensibiliser l’ensemble des étudiants aux questions éthiques qui entourent la consommation de viande », ajoute-t-elle. Une conférence sur le foie gras est prévue pour le mois de décembre sur le campus des quais.

Le résultat d’un exercice demandé dans le cadre de la Licence 3 Journalisme, à savoir un reportage sur le campus de Lyon 2.

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